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Le mot du rédacteur

La rentrée des CPE 1 de l’IUFM de Paris.

Je vous confirme la date de début des cours des étudiants de l’IUFM de Paris : mercredi 9 septembre 2009 à 9 heures.
J’espère que les lectures de l’été ont été fructueuses.
Des textes importants ont été publiés pendant l’été par le ministère, vous devez en prendre connaissance. Ils concernent les nouvelles conditions requises pour se présenter aux concours de CPE. Vous devez en particulier bien examiner les dispositions provisoires... Bonne nouvelle : le concours interne est ouvert pour la (...)

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>>La fiche rédigée par Sophie.

LA PHILOSOPHIE DE L’EDUCATION

Philosopher sur l’éduction c’est s’interroger sur la finalité de celle-ci. Une chose essentielle que peut apporter la philosophie c’est la méthode. Il y a donc autant de philosophe que de méthode. Cinq d’entre elles seront étudiées dans ce livre.

L’histoire de la philosophie

De tout temps les philosophes ont posé le problème de l’éducation. Connaître les pensées des philosophes qui ont réfléchis sur le sujet c’est apprend à philosopher soi-même.

Réflexion sur les sciences

Des sciences sont nées de réflexions sur comment améliorer l’éducation. Ainsi est apparue la didactique pour améliorer l’enseignement, la docimologie pour améliorer l’évaluation, la psychopédagogie pour améliorer les relations maître-élèves.

Analyse logique

L’analyse logique met au jour l’ambiguïté de certaines formules comme « la motivation » (motiver l’élève ou attendre qu’il le soit), la « socialisation » (intégrer l’enfant à la société mais à quelle société ?), la « démocratisation de l’enseignement » (laisser les enfants participer à la gestion de l’enseignement ou rendre l’enseignement accessible à tous).

L’argument à contrario

Cette méthode d’inspiration platonicienne s’avère efficace quand il s’agit de définir des valeurs.

Par exemple, il est difficile de définir ce qu’est l’enseignement véritable mais on sait à contrario que le dressage, la propagande, le conditionnement n’est pas de l’enseignement. Cette méthode révèle notre jugement sans pour autant la légitimer car l’argument à contrario s’appuie sur une société, une culture qui ne prouve en rien qu’elle soit universelle.

Par exemple, il a des sociétés où l’on préfère le conformisme à l’esprit critique.

La Didactique

Les méthodes précédentes sont excellentes pour l’analyse mais elles ignorent la synthèse. On peut montrer que pour chacune des thèses, du fait de son insuffisance appelle sont anti-thèse. L’opposition ne peut être surmontée que par une synthèse de qualité différente, qui intègre ce que chacune des thèses a d’effectivement positif.

Ainsi on notera qu’aucune de ces 5 méthodes n’est « démonstrative ». Leur utilité est de poser les questions fondamentales en apportant des réponses qui sont plus ou moins probables mais qui sont au moins toujours à reprendre, ce qui évite le dogmatisme autant que l’arbitraire.

Ainsi, il semble essentiel de montrer que, même en éducation, surtout en éducation, les choses ne vont pas de soi.

I/ Qu’est ce que l’Education

L’objectif de ce chapitre est de montrer que celle-ci n’est ni une motivation naturelle ni un dressage artificiel.

Quels sont les synonymes du verbe éduquer ? Elevé, Enseigner et Former.

Elever : se rapporte à une éducation spontanée, du ressort de la famille

Enseigner : se rapporte à une éducation intentionnelle, du ressort de l’institution

Former : se rapporte à une éducation intentionnelle et spécialisée pour telle ou telle fonction sociale. L’individu n’est qu’un moyen et non une fin en soi.

Elever, enseigner former sont apparemment synonymes alors qu’ils sont à la fois exclusifs entre eux et complémentaires. Ils ont tout au moins ce sens commun d’apprendre. D’apprendre à être homme à devenir Homme.

Les anthropologues nous disent que l’enfant humain né inachevé à la différence de l’animal qui est ce qu’il est dès sa naissance. L’homme est le produit de l’éducation car il possède dans sa nature Humaine cette universalité : la possibilité d’apprendre.

Cette nature humaine comporte des résistances auquel l’éducateur ne peut ni passer outre ni forcer sans ruiner l’éducation.

La nature, c’est aussi le caractère propre à chaque enfant, sa manière à lui d’agir, de sentir et d’apprendre. Ainsi éduquer, ce n’est pas fabriquer des adultes selon un modèle. C’est libérer en chaque homme ce qui l’empêche d’être soi, lui permettre de s’accomplir selon son « génie » singulier.

Si le contenu de l’éducation est variable, la nécessité d’être éduqué est universelle.

Quelles sont les fins de l’éducation : pour la société ou pour l’enfant ?

La position « culturaliste », rejette la nature humaine et dira qu’on éduque l’enfant pour la société en fonction des valeurs propres de celle-ci.

La position « naturaliste » exige au contraire que l’on éduque l’enfant pour lui-même, pour lui permettre de s’épanouir selon sa nature propre.

Finalement, on n’éduque pas un enfant pour qu’il le reste mais pas non plus pour en faire un « travailleur et un citoyen ». On l’éduque pour en faire un homme c’est-à-dire un être capable de communier, de communiquer avec les œuvres et les personnes humaines.

Etre homme c’est apprendre à le devenir.

Où se fait l’éducation, comment, par qui et pour qui, c’est ce que allons voir dans les prochains chapitres.

II/ Les Institutions Educatives

Les institutions sur lesquelles nous allons réfléchir sont celles de : la famille, l’école, l’université.

La vie sociale n’est possible que si nous faisons confiance en nos institutions. Même si toute institution accomplit plus ou moins bien sa fonction propre, cette confiance a pour corollaire la compétence de ses membres.

Ainsi, nous faisons confiance au corps médical pour nous soigner, aux juges pour nous juger, au corps enseignant pour instruire et évaluer nos enfants.

La famille : sa fonction essentielle est de former les sentiments en partant des pulsions les plus animales et en les transfigurant.

Ainsi, il s’agit « d’élever » avant tout enseignement intellectuel et raisonné. La société globale fait confiance à chaque famille pour élever ses enfants comme elle l’entend.

L’école : c’est sans doute en cette institution que la société moderne attache le plus d’importance. Le savoir scolaire se caractérise en cinq traits :

d’un savoir à long terme : pour mieux savoir s’orienter dans la vie plus tard.

d’un savoir organisé : qui s’enchaîne de façon logique

d’un savoir adapté : selon une didactique à la portée des enfants

d’un savoir argumenté : qui appel la justification et la critique

d’un savoir désintéressé : sans finalité professionnelle. C’est sa propre autonomie qu’il apprend.

L’université : l’enseignement universitaire peut se caractériser par trois types de fonctions :

fonction d’enseignement : culturel qui prolonge le secondaire et se caractérise par son contenu général et désintéressé. Ce qui distingue la recherche universitaire de la recherche industrielle c’est qu’elle est libre, désintéressée et diffusée publiquement.

fonction de maintien : mémoire intellectuelle et critique d’une société : héritage culturel sacré.

Fonction de réflexion : c’est un lieu où la critique peut être une réflexion sereine protégée où l’on a le droit de demander à tout instant « pourquoi » et réciproquement de devoir répondre.

III/ La pédagogie et ses antinomies

Les théories pédagogiques peuvent se regrouper en trois courants :

le courant classique : attaché aux modèles et moins soucieux de la manière de le transmettre que ce qu’il faut transmettre

le courant novateur : qui part des désirs propres et demande d’adapter ce qu’on enseigne aux enseignés

le courant fonctionnel : qui tend à faire de la pédagogie une technique efficace.

Il existe des antinomies sous-jacentes à la pédagogie elle-même. Nous en identifierons quatre :

- La contrainte et le désir : antinomie entre la nécessité d’apprendre et le désir d’apprendre.

La position classique nous dira que l’enfant doit s’imposer des efforts de tous les instants pour assimiler en quelques années ce que l’humanité a mis des millénaires à découvrir.

La position novateur nous dira que l’effort tue chez l’enfant le désir d’apprendre. Qu’au lieu de contraindre d’abord découvrir le « désir » de ceux que l’on éduque.

John Dewey a tenté de trouver une réponse se situant au-delà du désir immédiat et de l’effort contraint. Il s’agit pour le pédagogue de susciter l’intérêt véritable qui suscite de lui-même l’effort en profondeur et la joie véritable. Le maître « motive » en cultivant le secret c’est-à-dire non en étalant ses savoirs mais en les cachant, en montrant aux disciples qu’il leur faudra bien du temps et bien des efforts pour atteindre le secret des secrets.

- La transmission et la spontanéité.

La transmission fait du savoir une chose inerte et de l’apprenant un récepteur passif.

La spontanéité : la liberté, l’expression de soi doit être apprise. Pour juger il faut apprendre à voir, à attendre pour se libérer des clichés et des préjugés.

La compétence est cet acte commun recherché qui se situe au-delà de la transmission et de la spontanéité.

- L’incertitude et la technicité.

La technicité : l’éducation repose sur une part de savoir par cœur. C’est sur ce socle inerte que se construit la compétence.

L’incertitude : réside dans cette part de « non pouvoir » dans la pédagogie c’est-à-dire le travail de l’éduqué sur lui-même, travail imprévisible et caché que personne ne peut programmer.

Ainsi on peut penser que l’éducateur agit de son mieux tout en sachant que l’essentiel se situe ailleurs.

En effet, l’essentiel de l’enseignement c’est la formation à très long terme d’un esprit libre, capable de penser et de juger.

- La rupture et la continuité.

La rupture : le courant classique insiste sur la nécessité des ruptures en éducation. Passer de l’enfant à l’adolescent à l’adulte. Apprendre est une véritable mutation interne.

La continuité : le courant novateur insiste au contraire sur la continuité en affirmant que toute progression éducative est l’épanouissement de ce qui la précède.

Faut-il choisir entre rupture et continuité ? En faite une antinomie réside dans l’éducation elle-même. Eduquer c’est former des adultes c’est-à-dire des êtres libres, responsables d’eux même. L’éducation doit donc exclure toute contrainte de l’éducateur sur l’éduqué. Mais une éducation sans contrainte, loin de libérer l’enfant, le livre à toutes ses influences et le laisse désarmé devant ses pulsions.

Nous aborderons cette antinomie de l’autorité dans le prochain chapitre

IV/ L’autorité

L’autorité du père, du maître, de l’institution semble aller de soi et pourtant aujourd’hui ce n’est pas le cas. L’autorité est contestée.

Qu’est-ce que l’autorité : le pouvoir de quelqu’un de faire faire à d’autre ce qu’il veut sans avoir à recourir à la violence ou à l’argumentation. Un pouvoir qu’il peut exercer grâce à sa position sociale, à sa compétence ou à son ascendance.

Les visages de l’autorité peuvent s’exprimer sous différentes formes. De la plus rationnel (le contrat qui lie les parties par leur propre consentement), à celle de l’expert dont sa compétence est reconnue (un médecin à l’égard du malade), à celle de l’arbitre celle du modèle (qui rayonne par son prestige et l’admiration qu’il suscite), à celle du leader, et enfin celle du Roi-Père (celle du chef charismatique)

La figure que rencontre en premier l’enfant est celle du Roi-Père.

L’éducation classique dont le but est de former le libre jugement, rejette l’autorité du Roi-Père. Elle insiste en particulier sur celle du modèle car c’est en admirant et en imitant les modèles qu’on parvient à être soi, à penser et à juger par soi-même.

Le maître au nom de ces modèles à pour mission de sanctionner tout écart mais toujours dans le but de faire des êtres libres.

Depuis l’Antiquité jusqu’à nous la culture libérale est réservée à une minorité, à ceux qui sont appelés aux postes de commande.

L’éducation nouvelle, accepte l’autorité de l’expert : le maître cette personne ressource qui vient en aide aux élèves et leur fournit les explications qu’il demande.

Cette thèse s’oppose à la première en ce qu’elle prétend remplacer l’autorité des modèles par celle du contrat.

L’autorité contraignante est indispensable pour empêcher l’enfant de se nuire, pour l’inciter à apprendre ce qu’il ne pourrait apprendre par lui-même.

Aussi le but de l’éducation n’est pas d’arriver à un stade où l’éduqué n’aurait plus à apprendre par lui-même en se passant du maître, d’aller de la contrainte à l’auto-contrainte, d’être majeur. Plus tôt et plus concrètement on le « prouve » à l’enfant mieux c’est.

Posons l’éducation et la démocratie sous forme de principes :

Premier principe : comme nous la montré John Dewey, une société est réellement démocratique que si l’école forme réellement des démocrates.

Une pédagogie autoritaire risque de faire des êtres soumis ou révoltés, une pédagogie laxiste des irresponsables.

La démocratie exige que les élèves acquièrent dès que possible l’auto-discipline, le sens de la coopération, le respect de l’autre qui sont aux principes même de son fonctionnement.

Deuxième principe : que l’enseignement fondamental dure le plus possible. L’application de ce principe ne va pas de soi : donne - t’on à tous le même enseignement fondamental (primaire et secondaire) ou au contraire le différencier pour l’ajuster aux aptitudes de chacun.

Reste à savoir si la pédagogie différenciée supprime les inégalités qu’elle avait trouvées au départ ou au contraire elle les consacre.

Il s’agit là d’un grave problème, à la fois politique et pédagogique, qu’une démocratie ne peut se résigner à laisser sans solution.

Troisième principe : étant destiné à tous, l’enseignement se doit d’être objectif (au sens laïque du terme). L’état doit contrôler l’enseignement pour éviter l’endoctrinement.

L’endoctrinement est la perversion de l’éducation car il s’en attribue les finalités. L’éducation n’a de sens que par des valeurs qui s’opposent au fanatisme, à la violence et à la haine. De valeurs qui font l’homme majeur.

V/ La Rigueur

Après avoir étudié les fondements de l’autorité, nous allons étudier son exercice. Le concept qui est étroitement lié à l’éducation est la rigueur.

« Rigueur » est au sens strict ambivalent. Il peut marquer une certaine dureté ou au contraire désigner un certain laisser aller.

Dans les cultures « traditionnelles » la rigueur est au cœur même de l’éducation l’enfant doit être dressé, dompté, domestiqué sans relâche. Aujourd’hui les choses ont bien changé et Jean-Jacques Rousseau était un précurseur en ce domaine. Selon lui « la nature de l’enfant est bonne », l’enfant a une croissance qui est en elle-même saine et créative, qu’il ne s’agit donc pas de corriger mais de protéger.

Deux facettes de la rigueur, celle qui commande, réprime, châtie et l’autre indulgente qui laisse l’enfant commander et s’imposer. Ces deux visions ne permettent ni l’une ni l’autre de rendre l’enfant un être libre.

Rousseau croyait en une seule forme de rigueur, celle de la nécessité des choses. C’est-à-dire ne jamais commander mais faire de l’enfant se soumettre au monde extérieur, ne jamais punir laisser venir la sanction naturellement.

Cette forme de rigueur peut être très dure, l’enfant apprendra à supporter le froid, la douleur, les blessures, la maladie…

La rigueur est une valeur qui fit comprendre à l’enfant qu’il n’est pas destiné à le rester. Il faut donc apprendre la rigueur pour ne pas la subir, l’apprendre avec méthode pour éviter de l’apprendre par la violence.

L’anti-rigueur authentique : c’est la grâce, celle qui donne sans compter et pardonne sans attendre. L’enfant est une vie qui nous est offerte avec une infinité de richesses potentielles et c’est au « génie » de l’éducateur de savoir la trouver.

CONCLUSION

L’éducation vise à la maturité intellectuelle et à l’autonomie personnelle et cela ne peut se programmer. Elle fait de l’individu un adulte, capable de choisir par lui-même et en connaissance de cause, mais elle ne peut choisir à sa place afin que son choix soit le bon.

Enfin quel est le critère qui permet de dire qu’une éducation est réussie ?

Le philosophe répondra lorsqu’elle est inachevée, quand elle donne au sujet les moyens et le désir de la poursuivre, d’en faire une autoévaluation.

SOPHIE

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