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>>Fiche rédigée par Cécile.Immigration et intégration Cet ouvrage porte sur les populations françaises issues de l’immigration. Définition des termes Intégration : Renvoie à l’effort d’un collectif sur lui-même pour maintenir ou affermir les liens avec un ensemble pris dans des mouvements centrifuges altérant sa cohésion. Mais, il faut savoir que les mots qui désignent les processus sociaux des immigrés sont moralement connotés. Par intégration, on entend la participation des immigrés à des activités professionnelles, politiques, des comportements sociaux, mais aussi le sentiment d’appartenance à une communauté. L’intégration pose un problème politique ; il est souvent amalgamé par les français, en tant de crise, avec le chômage et l’insécurité. Ce terme s’oppose à ségrégation. Ce terme renvoie à un désir de partager des normes et des valeurs d’un groupe : on s’intègre à quelque chose, au niveau de la réalité sociale, et chacun est concerné par ce qui fait vivre ensemble. Induit une idée de réflexivité : l’individu intégré change, mais le groupe qui l’a intégré aussi. Assimilation : C’est la disparition des caractéristiques de certains groupes humains par incorporation par certains autres, ce qui fait que leurs caractères distinctifs tendent à disparaître renvoie à l’acculturation (adoption progressive de comportements et de normes empruntés à la culture du pays d’accueil). Insertion : L’insertion implique une possible réversibilité du processus. L’idée d’insertion renvoie à un principe de tolérance culturelle de l’Etat. Identification : Chaque individu a une histoire de vie particulière et une intégration unique. Les processus psychologiques jouent un rôle important. Le problème de l’intégration des populations immigrées Ce problème est lié :
Les 3 volets sur lesquels se construisent les politiques nationales : dimension économique : les flux principaux d’immigration sont liés aux disparités économiques des pays dimension juridique :les politiques jouent sur les conditions d’entrée en fonction de la situation démographique et économique du pays. dimension morale : l’immigration est une souffrance pour les immigrés, résultat d’une contrainte et d’un projet. Tout politique s’inscrit aussi dans une histoire : mémoires des traditions et valeurs : France = terre d’accueil du point de vue historique. La dominante des politiques publiques reste néanmoins centrée sur une conception politique de l’intégration : il s’agit de s’intégrer à la nation française : faire France : le modèle français met l’accent sur l’apprentissage de la langue française à travers l’instruction et la formation permanente, sur l’accès à l ‘emploi et l’insertion sociale pour faire des immigrés des citoyens français comme les autres. S’il y a trop de fermeture, d’homogénéité, de tradition, la société se meurt. S’il y a trop d’ouverture, d’hétérogénéité, d’irrespect du passé, la société devient conflictuelle et anarchique. Mais, la question de l’immigration est un faux problème , qui tient à désigner l’autre comme tel, à le stigmatiser ( violence symbolique). La vrai question est celle de l’opportunité de mener des politiques spécifiques, au risque de stigmatiser et d’aller finalement à l’encontre de l’intégration ( politique de discrimination positive des ZEP). Les différentes conceptions du mot intégration selon les modèles politiques La difficulté en matière d’intégration est de penser à la fois l’autonomie et l’interdépendance de l’action politique et de la réalité sociale dans un monde où ses 2 domaines apparaissent de moins en moins séparés :
Le modèle républicain (gauche sauf pour une partie du RPR) : Seuls les individus ont publiquement droit de cité. Les différentes appartenances (religieuses, culturelles…) sont du domaine privé. L’Etat laïque assure l’égalité des droits et des obligations entre des citoyens présumés identiques ou des résidents étrangers établis légalement. Les inégalités socioéconomiques ont un caractère public et sont reconnues dans le champ politique et distinctions culturelles et socioculturelles ont un caractère privé car contraires aux principes constitutionnels d’égalité et de laïcité de l’Etat au niveau de l’école, les statistiques officielles donnent des détails sur les données socioéconomiques des familles et rien sur les origines nationales ou ethniques (ce qui est assimilé à des préjugés racistes). Le modèle démocrate (gauche) : Il s’agit de laisser la place à la libre expression publique des différences culturelles. Il faut organiser la représentation politique démocratique des groupes culturels. Pour les démocrates, le droit républicain exerce une contrainte sur la société (ex : à l’école, ne pas porter de signes ostentatoires). Mais, le problème est qu’on ne peut pas laisser la société fonctionner seule. Mais, il faut reconnaître aux démocrates que la société égalitaire et universelle n’a jamais fonctionné ; l’école républicaine n’a jamais été égalitaire ( existence de 2 ordres séparés sans passerelle vraiment). Les libéraux (droite) : La régulation sociale s’opère par les lois d’économie, de marché dans le cadre du libre-échange ; C’est un moyen de provoquer non seulement l’accroissement des richesses, mais, c’est aussi le mécanisme par lequel s’établissent les positions réciproques et évoluent les relations entre groupes et individus. L’immigration est un mécanisme de régulation économique. Les relations familiales, les traditions culturelles , l’école sont du domaine privé. La police, justice, monnaie, défense, diplomatie du domaine de l’Etat. Les néo-fascistes (extrême-droite) : Idée d’exclusion sociale par le biais de la préférence nationale. Projet inverse de l’intégration. Préjugés, effets de stigmatisation. Société épurée, unis sur elle même. Une école républicaine, démocrate ou libérale ? Modèle républicain : Rôle central de l’école comme unité politique autour de valeurs communes et culturelle d’une langue, d’une histoire et de savoirs communs L’école n’est pas neutre. L’élève se construit contre son environnement linguistique, social et religieux. Modèle démocrate : Les évolutions sociales depuis 30 ans ont balayées la sélection par la naissance. C’est aujourd’hui la sélection par le mérite scolaire qui est conditionné par l’environnement familial, social et culturel des élèves. Les familles et les élèves attendent de l’école une valeur de performance pour obtenir une certification qui débouche sur un emploi. Il faut prendre en compte l’hétérogénéité des élèves, et doter les établissements scolaires d’une plus grande autonomie. modèle libéral : Privatisation de l’éducation. modèle d’extrême droite : Apartheid scolaire et social. L’école navigue entre ces différentes approches :
L’école française a toujours été pensée par le pouvoir politique pour parvenir à ses fin : mieux assurer la cohésion de la société, contrôler le corps social et faire émerger une nation. Elle a pris la forme d’une éducation nationale. D’un point de vue historique, les bases de la cohésion sociale sont : idéologiques : L’école modèle les esprits, donne au corps social le sentiment d’appartenance à la nation qui transcende les différences d’opinions. économiques : l’école doit assurer l’accès à la hiérarchie sociale sur la base du mérite scolaire. Aujourd’hui ces pactes entre la société française et l’école publique n’ont plus cours et on assiste à 2 tentatives illusoires de recomposition : Sur le plan idéologique, l’unité est recherchée dans la référence à la citoyenneté. Mais, peut-on exiger une égalité de devoirs quand il n’y a pas une égalité des droits ? Sur le plan économique, l’école se veut adaptée grâce à l’alternance ; mais cela ne débouche pas sur du travail… L’école ne joue plus le rôle de diffusion d’un lien idéologique qui autrefois était d’un commun accord admis, ni celui d’organisation d’un ordre économique promotionnel pour tous qui autrefois faisait d’elle l’instrument de la cohésion sociale. L’école d’aujourd’hui serait-elle fragmentée ? Les 3 paramètres socioculturels qui jouent dans le mécanisme de production des inégalités scolaires :
A cela, il faut rajouter :
Et enfin :
l’école apparaît comme mélange de républicanisme et d’autres évolutions ; l’école est un laboratoire où se prépare la société de demain. Cependant, elle doit tenir compte de 3 exigences :
Culture et immigration : Les 4 sens du mot culture qui marque les discours sur l’intégration : Du latin colere la culture désigne le travail par lequel l’homme conquiert un espace et le transforme. La culture, c’est l’activité interminable d’acquisition de notre héritage humain. C’est également, par glissement de sens au 19e siècle, un idéal académique de raffinement se cultiver, c’est retrouver ses racines Enfin, l’anthropologie désigne par culture l’ensemble des modes de vie d’un peuple, l’héritage social que l’individu acquiert de son groupe. C’est l’ensemble du mode de vie qui imprègne l’enfant, même dans ses formes les plus modestes. Il n’y a ni sauvages ni civilisés, et pas de hiérarchisation de l’héritage. Les 2 grandes conceptions de la culture : La culture d’imprégnation : Les 1ers contacts et expériences du monde formes des marques à partir desquelles nous appréhendons le monde ; L’entrée dans la culture se fait par la culture cachée qui s’acquiert par imprégnation (Bourdieu : habitus). Il s’agit d’un processus inconscient et précoce où la famille et les proches jouent un rôle déterminant. L’individu ne peut donc échapper à sa culture dite d’origine. Mais, pour mieux comprendre le sens de ce mot, il faut articuler la culture d’imprégnation avec celle d’acquisition : La culture d’acquisition : approche développée par les philosophes des Lumières : insiste sur la transmission délibérée et volontaire de l’héritage culturel par inculcation. Nécessite un effort d’acquisition pour que l’héritage puisse être perpétué. C’est en s’arrachant aux préjugés et à la tradition que l’esprit humain devient capable d’une approche rigoureuse ( démarche intellectuelle et individuelle). Au niveau collectif, cette conception implique l’idée d’un contrat social passé entre les individus libres et égaux, auxquels on suppose la capacité de faire des choix raisonnés pour que l’humanité puisse maîtriser son destin. C’est le choix des individus libres et égaux de coexister et d’organiser un avenir commun qui fonde la nation. pour comprendre comment se font les processus d’acculturation, d’assimilation et le rôle de l’école dans ces processus, il est nécessaire de dépasser l’opposition entre ces 2 formes de culture pour plutôt les articuler, car dans un monde caractérisé par les échanges, aucun peuple ne peut vivre replié sur lui-même, et à l’inverse, il est impensable de vouloir réaliser une culture mondiale, où les rapports de force ne pourraient déboucher que sur un esprit totalitaire : La culture d’imprégnation, c’est la marque d’origine, elle renvoie à la culture cachée, à l’habitus, à l’identité culturelle. La culture d’acquisition renvoie à une volonté de se cultiver, d’apprendre de communiquer avec les autres hommes ; c’est l’accès à l’universel, la marque du projet. De la culture à la nation Les nations sont le creuset dans lequel se sont forgées les identités collectives. L’idée de nation s’est forgée au Moyen Age, sur la reconnaissance d’une origine commune à un groupe humain (naissance). Les 2 conceptions de la nation : la nation contrat ou à la française : le modèle national est d’essence politique : l’appartenance à un corps politique est une intention d’association d’individus promus égaux par le contrat politique : on est français par volonté de participation à la vie économique et politique, par une pratique de la langue et l’apprentissage d’une même culture à l’école. La culture est donc le résultat d’une éducation ( = acquise). De cet apprentissage dépend la pérennité d’une cohésion. La nation organisationnelle ou à l’allemande : le modèle national est d’essence culturelle ; s’oppose au modèle français : existence d’un peuple originel chez lequel le sentiment d’identité commune est suffisamment puissant pour tenter de s’unir à un Etat disposant d’un territoire. La cohésion sociale ne repose pas sur la raison, mais sur un sentiment d’appartenance à un même culture d’origine. Il y a d’abord une culture commune, puis existence de la nation. Le projet commun des individus ne porte pas sur la culture qui est un acquis, mais sur un territoire qu’il faut conquérir et protéger pour permettre au groupe qui est déjà soudé d’avoir un espace d’organisation politique. dans les 2 cas, l’idée de nation met en avant l’union d’une culture et d’institutions politiques communes. Conclusion : L’intégration est un problème politique qui porte sur la société et les conditions de sa cohésion sociale : toute société a besoin, pour exister d’avoir des relations pacifiques et de dégager un espace politique du droit et de la solidarité. L’intégration renvoie à une question morale : il faut accorder une importance aux styles culturels et aux identités d’appartenance dans la structuration sociale pour faire un pas vers la reconnaissance politique des acteurs culturels. la véritable question de l’intégration est éthique et porte sur l’altérité : reconnaître l’autre dans sa dimension humaine. Cette politique doit être éclairée par les valeurs de la démocratie : liberté, égalité, justice, sécurité, solidarité, tolérance. Cette politique tend à regarder l’autre comme un semblable et à le regarder dans ses différences. A l’école, c’est la même exigence qui doit animer les éducateurs : respect de la personne de l’enfant dû à sa singularité et l’attention pédagogique qui en est la conséquence, et postulat d’un monde commun à tous les hommes qui donnent sens aux différences. |
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