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>>Fiche rédigée par SophieEDUQUER LE CITOYEN ? I / LA CITOYENNETE. C’est par la naissance qu’on devient citoyen, mais aussi par l’adhésion à une culture. L’individu est pourvu d’un statut juridique suivant des droits et des devoirs. Selon Eric Weil : « Le citoyen est d’abord un travailleur. » Son analyse nous montre que c’est grâce au travail donc à une intégration sociale que le citoyen acquiert des droits. Dans une démocratie, les citoyens ne sont pas tous gouvernants et gouvernés en même temps. En définitive, le statut d’un citoyen est un gouvernant en puissance. II / LA DISCIPLINE. L’école établit la citoyenneté. L’école apprend aux élèves la vie en communauté en respectant les mêmes règles. Elle inculque l’ordre, l’organisation et l’obéissance. Elle les accoutume à se soumettre à l’autorité. « Les habitudes d’obéissance sont d’autant plus durables qu’elles sont mécaniques. » a) LES EFFETS NEGATIFS DE L’AUTORITE. L’enfant traduit l’ordre donné comme la volonté et le désir de l’adulte. Ainsi toutes les explications et les justifications lui paraîtront comme arbitraire. Pour éviter ces dérives et suivant Rousseau dans L’Emile, « L’Educateur ne commande pas son élève il provoque en lui l’envie de faire ce qu’il a décidé de faire. » b) NECESSITE DE L’AUTORITE : « LE CONTRAT PEDAGOGIQUE ». Toujours suivant Rousseau, « il faut que l’autorité de l’éducateur soit explicitement consentie par l’éduqué. Cette autorité résulte d’un accord, dont les termes sont les suivants : l’adolescent s’engage à obéir inconditionnellement aux ordres de l’adulte ; celui-ci s’engage, en revanche, à n’ordonner que ce qui est le meilleur pour son élève, mais surtout il s’engage à rendre des comptes. » La conception de Kant est, qu’ « il faut contraindre les enfants à respecter leurs propres décisions. » c) LES REGLES DE L’INSTITUTION. La discipline scolaire contraint l’élève à agir de manière organisée et réfléchie. On peut se poser la question à savoir si ces habitudes ne font pas de l’élève un sujet passif ? d) UN AUTRE MODELE JURIDIQUE. Dans notre société, les fonctions sociales sont hiérarchisées et liées entre elles par des relations d’autorité. Cette autorité s’applique à l’individu qui remplit une fonction. De plus, l’enfant doit agir et se comporter d’une manière qui soit acceptable et approuvable par tous. Par ailleurs, d’après Hegel dans Discours du Gymnase (1811), le milieu familial est le lieu de sécurité (affection) et de contraintes. L’institution familiale apprend à l’enfant la discipline par le biais d’actes et de sentiments. e) LA DISCIPLINE ET LES SCIENCES HUMAINES. L’élève doit se sentir observer à chaque instant ce qui permet d’établir un savoir sur celui-ci. Cette psychologie et cette pédagogie préconisent les normes du comportement de l’élève. f) LE FAIT ET LE DROIT. Foucault s’oppose à Rousseau, à Kant et à Hegel. Il dit que, « La discipline ne laisse pas de place à la réflexion, elle produit des automatismes. » III / HABITUS. La première éducation inculque à l’individu des habitudes sur sa manière d’être, de penser, de parler. Plus cette habitude est automatisée et plus le principe de sa valeur est indiscutable. D’après Protagoras, l’apprentissage des valeurs est un concours d’influences complémentaires. Pierre Bourdieu dit que les habitus différent en fonction des classes social. Il critique l’école et en déduit qu’elle « est au service de l’Etat, c’est-à-dire au service des classes qui détiennent la réalité du pouvoir." Un enfant issu des classes dominantes verra ses valeurs confirmées par l’école. A l’inverse, l’enfant issu des classes sociales plus faibles ne se retrouve pas dans les valeurs scolaires. L’égalité des chances au niveau scolaire est faussée par les héritages. Les valeurs fondamentales des sociétés modernes : Travail efficacité sérieux Honnêteté dans les échanges Respect des règles Sens de l’égalité Autonomie calculatrice (compétitivité) De ce fait, c’est la société toute entière qui éduque (famille, école, rapports quotidiens avec autrui et la loi). IV / L’EDUCATION DU JUGEMENT : LE DROIT ET LES DROITS DE L’HOMME. « Il existe une pluralité de cultures, et aucun critère objectif ne permet d’affirmer que l’une est supérieure à l’autre. » La sociologie, l’histoire et l’ethnographie permettent de prendre conscience de la relativité des cultures. Elles devraient être étudiées à l’école accédant ainsi à l’indépendance, au pacifisme des individus et à la tolérance. Si les seules valeurs morales étaient la tolérance et l’acceptation des différences alors supposerait d’accepter aussi les dérives telles que le nazisme ou l’intégrisme religieux. Les sciences humaines ne démontrent jamais que la liberté, l’autonomie et le respect de la personne sont des valeurs universelles. En effet, plus haut on a dit qu’aucune culture n’est supérieure à une autre. Par conséquent, le choix entre la science et le droit ne se pose plus. Il faut donc concilier les deux. Suivant Bourdieu, « ... notre façon de vivre comporte une part d’arbitraire. » Mais, qu’advient le principe de jugement ? « ... les principes de jugement fondés sur le respect de la personne ne sont pas à mettre sur le même plan.. » Définition du jugement critique : principe moral. Nous sert de critère de jugement et définit l’inacceptable. Les droits de l’homme déterminent ce qui n’est pas acceptable ainsi que les critères qui permettent de juger. Ces critères s’appuient sur un système comparable à la loi qui envisage « par exemple, des sanctions pour « non assistance à personne en danger » (Code pénal, art. 63). L’obligation d’assistance ne contient pas la promesse que tous les accidentés seront sauvé. Mais on peut être condamné pour n’avoir rien tenté. » La Déclaration universelle de 1948 a été adoptée à la quasi-unanimité. Donc, un accord est possible sur la définition d’une éthique universelle. « C’est pourquoi, les droits des hommes ne sont pas une culture. Ils définissent les principes formels qui permettent de juger des cultures, à commencer par la nôtre. » V / L’EDUCATION DU JUGEMENT : LA POLITIQUE ET LA CULTURE. Les droits de l’homme, les lois fondamentale et les règles de droit fondent notre jugement. Le jugement critique est un jugement formel. La critique détermine la non conformité du principe. Exemple : les lois disent que tous doivent avoir accès au savoir, et que l’égalité des chances doit être réalisée dans toute la mesure du possible. Nous constatons ici, que le principe ne permet pas de déduire le contenu législatif sur l’éducation. 1. le jugement politique : les gouvernements devront répondre aux attentes des gouvernés. Les individus cherchent une organisation et un bien être de la communauté ce qui permet à chaque individu de trouver la place qui lui convient suivant sa nature. De ce fait, ils cherchent la Justice. Définition du mot justice : la justice fait « droit aux intérêts particuliers, tout en les subordonnant à l’intérêt général. » Le problème de la justice c’est l’égalité. Exemple : réforme du système scolaire : repenser la fonction des enseignants resituer la fonction des enseignants dans la hiérarchie des fonctions sociales. Par conséquent, ré élaborer un modèle de justice revient à redéfinir la place de chacun suivant les propres valeurs de l’individu et suivant les nécessités matériels. Si bien que l’on peut se poser la question, à savoir quelle fonction doit être au même niveau qu’une autre ? Si la justice est problématique, c’est « parce que la hiérarchie des fonctions et des groupes sociaux n’est jamais définitivement fixée. » Egalité arithmétique : même statut, mêmes avantages. Egalité proportionnelle : est hiérarchique, position sociale élevée donc honneurs et avantages importants. En définitive, « la définition de la justice dépend donc des réalités et des contraintes du moment, de l’évolution de la situation sous la pression de ces contraintes, et des traditions historiques de la communauté. » La discussion. Le jugement politique détermine ce qui est juste, dans une situation toujours changeante et évolutive. Donc, ce jugement n’est pas et ne peut être fondé sur une véritable science politique. C’est pourquoi, la discussion prend ici toute sa dimension. En effet, elle « permet de confronter une pluralité de points de vue » ainsi que, de saisir les différents aspects moraux, juridiques, sociaux, économiques ... en toute liberté. Mais toutes les parties doivent être à égalité. La sensibilité politique se nourrit de principes plus ou moins mythiques, d’habitudes et de traditions. 2. L’éducation du jugement politique : le rôle de la culture. L’éducation du jugement politique est une éducation à la discussion. De plus, la culture joue un rôle très important ; en effet, elle éduque les citoyens à la discussion et au goût de la discussion. Ici le mot culture possède 2 sens : un ensemble de connaissances (savoir) développement du goût de l’esthétique (dans l’art). La culture général permet de mieux comprendre d’une part, les structures politiques et d’autre part, les problèmes dans leur éclosion. La théorie de Kant sur le jugement esthétique est simple. Il dit que « les gens qui n’ont pas de goût ne discutent pas » et donc « les gens qui ont du goût pour la communication, parce que le goût, en définitive, est une certaine manière de juger de ce qui, ... est universellement communicable ». VI / L’ACTION. [ action = la praxis] a. Suivant la théorie de Hannah Arendt, il faut distinguer la fabrication de l’action. En effet, l’action réunit des individus libres et égaux tant dis que la fabrication impose des formes et maîtrise la matière. De plus, l’action tient compte de la natalité et de la mortalité. Par ailleurs, c’est grâce à la discussion que l’on peut agir dans l’action. Mais dans la République, le peuple n’est que représenté, il n’est pas dans l’action d’agir. La conception arendtienne revendique une éducation conservatrice. En conséquence, l’éducation entre dans le champ de l’action car le noyau central est : la natalité. « le but de l’éducation est d’amener les enfants à maturité d’êtres des agissants ». Pour cela, il faut « les élever dans la sécurité du foyer...en lui laissant le temps de grandir ». L’éducateur doit transmettre des connaissances et des traditions qui constituent l’héritage. C’est grâce au passé que le futur évolue. Au regard des enfants, l’enseignant incarne la mémoire d’une civilisation. Un monde sans passé est un monde sans avenir. Mais, cette théorie n’est-elle pas fertile ? Que penser alors des orphelins de naissance ? Ils seront des individus abjectes car n’ayant pas de racine, ils seront inéducables. b. L’action suivant la philosophie politique d’Eric Weil. Nous retrouvons la même pensée à savoir, qu’il faut distinguer l’action de la fabrication. Pour Weil, l’action est collective et a une finalité définie. Finalité : elle passe par le travail du fait que l’homme doit maîtriser sa propre nature, s’universaliser. D’après Weil, les homme dans la société moderne, ne sont pas libres car ils sont considérés comme des objets. L’action politique réduit les hommes à leur fonction. Pourtant, lorsque les individus s’organisent et imposent des valeurs morales aux progrès techniques et scientifiques, ils deviennent des sujets libres et égaux. Cette action définit l’Etat. L’Etat : est une organisation d’institutions qui agissent ensemble. La tâche essentielle de l’Etat est de préserver les intérêts vitaux du pays. Lui seul décide. L’éducation moralisatrice admet que l’éducateur doit apporter les méthodes et les critères qui permettront à l’éduqué de prendre pour lui ce qu’il trouve de sensé et de cohérent. La force de l’Etat repose sur l’autorité du gouvernement le tout, mené par la discussion puisque, c’est par la discussion que les décisions se font accepter. Le rôle du citoyen et de son opinion se distingue suivant deux points : Les citoyens actif, se mettent en position de gouvernant, il donne son point de vue sur le Tout. Les partis politiques soit, ils soutiennent l’action du gouvernement soit, ils préparent un gouvernement de rechange. Les citoyens passifs, leur participation ne consiste pas à faire des projets. On notera 4 degrés d’activité politique : 1 - le degré zéro, l’opinion publique. 2 - groupes d’individus cherchant à défendre des intérêts moraux, culturels ou religieux. Citoyens passifs. 3 - citoyens actifs, ils prennent part à des discussions entre proches, médias, les lieux publics ou les municipalités. 4 - citoyens actifs, ils exercent une activité politique. En définitive, le gouvernement est choisi par la communauté et celle-ci inclus l’action. Le citoyen est actif « suivant son degré de compréhension et d’analyse des problèmes proprement politiques, c’est-à-dire de gouvernement. » Comment l’Ecole doit-elle éduquer le citoyen ? L’école doit permettre aux individus d’acquérir une certaine culture afin qu’ils comprennent les problèmes et les discussions politiques des différents partis. Elle doit aussi leur donner la saveur de la discussion. Mais l’école, n’est pas un lieu où les individus s’initient à la politique. Pourtant l’école est, « à l’écart de la politique, le lieu de la culture, le lieu où l’on s’interroge sur les principes : qu’est-ce qu’une Constitution ? Qu’est-ce que le droit ? Qu’est-ce que l’Etat ? Qu’est-ce que l’information, la communication ? Qu’est-ce que la justice ? C’est pourquoi elle est un lieu éminemment politique. » CONCLUSION. Dans une république, le principe de l’éducation est la passation du respect de la loi, le refus de la violence et de l’arbitraire. Selon le slogan d’Eric Weil, l’éducation du citoyen doit être actif et permettre un statut de « gouvernants en puissance ». De plus, elle doit apprendre à discerner ce qui est raisonnable ou non.« La citoyenneté active repose également sur une éducation du jugement » (jugement critique, jugement politique notion d’égalité). L’idée de la justice (de l’universel) doit être compréhensible et acceptable par tous. La notion de discussion est fondamentale.« C’est par la confrontation des points de vue que l’individu échappe à l’étroitesse de ses propres opinions... ». |
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