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>>Devoir sur table du mercredi 16 janvier 2002 : le malentendu école familleIUFM DE PARIS-PREPARATION AU CONCOURS DE CPE Devoir en temps limité Mercredi 16 Janvier 2002 « Parents vous avez besoin de l’école, l’école a besoin de vous ». Tel est le thème proposé par le ministère pour animer la « campagne nationale sur le nouveau partenariat école-famille : confiance et ouverture » (B.O N°34 du 17 Septembre 1998). Il semble que l’on veuille ainsi réduire le « malentendu » susceptible de dégénérer en conflit. « Aussi n’est-il pas rare de voir les uns et les autres se disputer le bien des enfants et s’opposer sur les limites de leurs territoires respectifs. Si la guerre n’est pas ouverte entre l’école et les parents, règne parfois la paix armée à la frontière des compétences attendues des uns des autres. Au fond, la ligne de démarcation entre l’instruction et l’éducation reste incertaine, quand on attend de l’école qu’elle les éduque, et que les parents doivent, de leur côté, mobiliser des compétences favorisant l’apprentissage de leurs enfants. Les escarmouches sont nombreuses, et les procès d’intention plus encore. Quelle discussion de salle des professeurs ne fait pas le procès des parents ? Quel repas de famille n’instruit pas celui des enseignants ? » (DUBET*) Ce conflit larvé avait déjà été perçu par HEGEL qui écrit en 1821 dans ses Principes de la philosophie du droit : « La frontière qui sépare les droits des parents et ceux de la société civile est difficile à tracer. Les parents pensent souvent qu’ils ont une liberté totale en ce qui concerne l’éducation de leurs enfants, qu’ils peuvent faire en ce domaine tout ce qui leur plaît. C’est pour cette raison que l’Education Nationale rencontre sa principale opposition dans les parents. Ce sont, en effet, les parents qui dénigrent les maîtres et les institutions, car ils rencontrent là une volonté qui s’oppose à leur bon plaisir. La société a pourtant le droit d’agir en fonction de principes éprouvés, d’obliger les parents à envoyer leurs enfants à l’école, à les faire vacciner contre la variole, etc. Se rattachent à ce sujet, les dimensions et les conflits qui ont opposé en France les partisans de l’enseignement libre, c’est à dire de la volonté des parents et ceux de l’intervention de l’Etat en ce domaine ». François de SINGLY* confirme et actualise : « La rivalité entre les deux institutions s’établit autour de la « propriété » de l’enfant. Le fait que le destin de l’enfant se joue désormais, pour une grande part, à l’extérieur d’elle même ne signifie pas que la famille s’en désintéresse. Au contraire, elle redouble d’amour à son égard... Elle tente de contrôler ce destin scolaire qui lui échappe en grande partie, notamment en recherchant la meilleure école possible. » Philippe MEIRIEU* confirme et précise : « Aujourd’hui émerge une sorte d’interventionnisme systématique... L’école devient un service, auquel on doit s’adresser pour avoir les meilleures résultats, les meilleures méthodes, les meilleures conditions de travail. Tandis que l’ancienne justification de l’Ecole-institution apparaît de moins en moins visible aux parents. » Bernard CHARLOT* confirme et nuance : « En fait, les frontières entre le scolaire et le non scolaire sont devenues beaucoup plus floues. Que ce soit en matière d’aide aux devoirs ou en matière d’alternance (cursus associant cours théoriques et stages en entreprise), on s’aperçoit de plus en plus que, pour réussir à l’école, il faut autre chose que l’école. Les conséquences sur les familles en sont tangibles, même si elles ne sont pas simples à éclairer. D’une certaine façon, l’école est « délégitimée », puisqu’elle ne suffit plus, à elle seule, pour réussir. Mais, d’un autre côté, on assiste à une « pédagogisation » plus large de l’espace social. Jusqu’aux vacances qui doivent être « utiles », avec leur cortège de thésaurisation culturelle, linguistique, historique, etc... ». En vous appuyant sur vos connaissances, vous analyserez la nature du « malentendu » qui caractérise les relations entre l’école et les parents, son évolution et les éventuelles conséquences pour l’école et la société. * Ecole, Familles : Le Malentendu ;1997 - Edition Textuel - Collection Penser-vivre. |
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