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>>Le choix d’éduquer par Philippe MeirieuUne fiche établie par des étudiants...
PHILIPPE MEIRIEU LE CHOIX D’EDUQUER 1991 ESF EDITEUR COLLECTION PEDAGOGIE 198 PAGES POURQUOI "LE CHOIX D’EDUQUER" ? Le terme de pédagogie vient des esclaves romains (pédagogue) qui accompagnaient les enfants à l’école. Ils n’avaient pas cette seule responsabilité, ils en avaient une bien plus grande qui résidait dans le choix des matières enseignées et des méthodes. C’est donc ces esclaves qui décidaient quel Homme ils allaient former et pour quelle société. La pédagogie est donc, en ce sens, une réflexion permanente, une controverse, une incertitude constante : éduquer est donc bien un "choix". Éduquer résulte certes d’un choix, mais d’un choix éthique, dans le sens où, quand on éduque, on ne peut le faire qu’en s’interrogeant sur la finalité de nos actes. Aucune pédagogie n’est neutre. Le livre de Meirieu montre comment on ne peut faire l’économie de choix éthiques en tant qu’éducateurs, et cela jusque dans les actes les plus banals de notre vie quotidienne. LA PEDAGOGIE ET LE PARADOXE DU "SUJET-OBJET" La question éthique fondamentale : "Est-ce que je permets à l’Autre d’être, face à moi, voire contre moi, un Sujet ? N’est-il pas objet de mes manipulations pour servir à ma satisfaction ? La fin de l’éducation, c’est de faire en sorte que le sujet choisisse lui-même ses valeurs et son destin. Éduquer c’est à la fois "contraindre" c’est-à-dire façonner autrui selon un projet établi par d’autres, à sa place, pour l’adapter à un environnement et des rôles sociaux donnés, mais c’est aussi "émanciper", rendre possible le surgissement de l’autre, capable de se donner ses propres fins. Qu’elle est la place de la sanction ? Elle punit tout écart à la norme admise. En ce sens, elle a une fonction essentiellement intégratrice. Mais sanctionner quelqu’un c’est aussi reconnaître sa qualité de sujet, sa responsabilité dans les actes commis : la sanction, en obligeant le sujet à assumer ses choix, participe à l’émancipation de l’individu. Qu’en est-il de la transmission des valeurs ? A avoir des exigences, ne risque-t-on pas d’enfermer l’autre au lieu de l’émanciper ? Les valeurs que nous prodiguons sont ce que l’on estime être le meilleur. En ce sens, la transmission des valeurs est légitime, car l’exigence qui en découle est alors la marque de la plus haute solidarité. De plus c’est parce que l’élève y adhère librement qu’elles deviennent universelles, et non l’inverse. Comment faire en sorte que l’objet devienne sujet ? Comment l’éduqué peut-il s’arracher de la dépendance de ses maîtres ? Comment va-t-il pouvoir exercer son intelligence en dehors des dispositifs et de la présence de son éducateur ? L’éducateur doit progressivement permettre à son élève d’être à armes égales avec lui, en faisant intervenir un "objet tiers" (sorte de référent commun auquel ils pourront confronter leurs argumentations) auquel l’intelligence et la liberté de l’éduqué seront directement confrontés. Il s’agit alors de vider la relation duelle de son contenu de séduction ; cette relation doit elle-même être dépassée. L’apprenant doit pouvoir mener une réflexion méthodologique sur son propre travail. Il doit acquérir des savoirs métacognitifs (stratégie personnelle d’apprentissage), par lesquels les connaissances transmises deviendront des outils d’émancipation. LE PRINCIPE D’EDUCABILITE COMME FONDEMENT DE LA REFLEXION PEDAGOGIQUE Définition : Autrui est toujours éducable et je peux toujours l’éduquer. Si je pense que l’autre peut y arriver, il le croira aussi (et inversement). Le contrat est alors : "je pense que tu vas réussir (Éducateur), je vais apprendre, car je crois en ta confiance en moi (élève)". Faire un tel pari n’est pas une revendication de toute-puissance ; au contraire, c’est une attitude de modestie : dire que quelqu’un ne réussira jamais est, en revanche, une attitude démiurgique. Ce n’est pas pour autant que l’éducateur ne doit pas se convaincre d’être tout-puissant, tout en sachant qu’il ne l’est pas et qu’il ne serait pas bon qu’il le soit. Se rappeler que nous ne le sommes pas permet d’une part d’accepter les échecs, et d’autre part de ne pas exiger de reconnaissance de l’élève : c’est le principe de non-réciprocité. Il faut donc osciller entre le principe d’éducabilité et la non-réciprocité, tout en respectant la liberté de l’autre. CONCLUSION L’éducateur doit rester un bricoleur (à ne pas prendre au sens d’amateur), qui analyse une situation, trouve un but à atteindre mais ne possède jamais des outils prédéterminés : chaque situation pédagogique est différente, les outils doivent être en perpétuel changement. Patience et courage sont deux grandes vertus du pédagogue. Quiconque se donne pour but de faire émerger la liberté de l’autre entre en pédagogie. "En matière d’éducation, toute évaluation risque bien de reposer un malentendu fondamental puisque l’on évalue toujours des résultats, alors que l’on cherche à éduquer des hommes, c’est-à-dire à construire des sujets libres." |
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